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Surveillance des MICI : et si le meilleur outil était… le temps ?

Les patients atteints de MICI colique présentent un risque accru de cancer colorectal, avec une difficulté supplémentaire : leur dysplasie est souvent subtile, plane et dissimulée au milieu de remaniements inflammatoires. Historiquement, la réponse a été la chromoendoscopie au colorant, recommandée pour améliorer sa détection. Mais à l’ère de la haute définition et de la chromoendoscopie virtuelle, est-ce réellement la coloration qui fait la différence ?

La méta-analyse de Mohamed et al., regroupant 6 essais randomisés et 978 patients, confirme pourtant un avantage de la chromoendoscopie au colorant sur la lumière blanche HD pour détecter la dysplasie (OR 1,95 ; IC95 % 1,21–3,11).

Mais HELIOS vient bousculer cette lecture. Dans cet essai randomisé publié dans Gut, une inspection en lumière blanche HD avec réinspection segmentaire était non inférieure à la chromoendoscopie au colorant pour la détection néoplasique (10,3 % vs 13,1 %). Surtout, 19 % des lésions ont été découvertes uniquement lors du second passage. Le temps de retrait restait plus court avec la lumière blanche (19 vs 26 min), mais le rendement néoplasique rapporté à 10 minutes d’inspection était pratiquement identique (0,0616 vs 0,0584 ; p=0,83).

Alors, coloration ou simplement meilleure inspection ?

La chromoendoscopie virtuelle pourrait constituer un excellent compromis : une méta-analyse récente de 8 études ne retrouve aucune différence significative avec la coloration pour la détection néoplasique (OR 1,20 ; IC95 % 0,86–1,70).

Mais le message essentiel est probablement ailleurs.

On ne trouve que ce que l’on cherche — et il faut se donner le temps de le chercher.

Comme dans l’œsophage de Barrett, où les recommandations ont consacré la notion d’un temps minimal d’inspection par centimètre de Barrett, la surveillance des MICI gagnerait peut-être à intégrer davantage le temps et la qualité de l’inspection comme véritables indicateurs de qualité.

Une préparation colique optimale, un côlon inspecté lentement, idéalement en rémission, et surtout un gastro-entérologue entraîné à reconnaître les signes parfois extrêmement subtils de dysplasie sont probablement plus importants que l’opposition entre bleu de méthylène, indigo carmin, NBI, BLI ou lumière blanche.

La meilleure chromoendoscopie du monde ne compensera jamais une inspection trop rapide.

L’amélioration du dépistage des lésions dysplasique dans la surveillance des MICI n’est pour l’instant pas une nouvelle technologie mais beaucoup plus simple : mieux préparer, mieux regarder… et surtout prendre le temps.

Réévaluation lésion polypoïde sur MICI
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Évaluation endoscopique d’une RCH
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Références

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